UBA Magazine No13 2026 Revue
92 Activités de l’UBA No.13 September 2026 Une reprise économique confrontée aux contraintes du terrain La session consacrée à l’économie syrienne a réuni notamment Norbert Fiess, économiste principal pour le Moyen-Orient à la Banque mondiale, Leila Samaan, vice-présidente de la Chambre de commerce de Damas et présidente du Conseil d’affaires syro-libanais, ainsi que Fares Al-Hadidi, du Jordan Kuwait Bank. Les échanges, animés par la journaliste Joséphine Dib, ont Leila Samaan, vice-présidente de la Chambre de commerce de Damas et présidente du Conseil d’affaires syro-libanais mis en regard les perspectives de reprise et les conditions nécessaires pour relancer durablement la production. L’analyse économique transmise par la Banque mondiale décrit un redressement encore inégal selon les entreprises, les secteurs et les territoires. Les attentes des acteurs économiques témoignent d’un intérêt renouvelé pour l’activité, mais leurs possibilités d’expansion restent limitées par l’instabilité, les difficultés d’approvisionnement énergétique et le coût des services essentiels. L’accès au financement demeure contraint, tandis que les procédures commerciales et douanières compliquent les opérations. Ces obstacles affectent directement la compétitivité des entreprises et leur capacité à investir. Le parcours de redressement proposé associe des mesures immédiates à des réformes de plus longue durée. Il s’agit de restaurer la transparence et la soutenabilité des finances publiques, de renforcer les institutions financières et de remettre en état les services essentiels. La simplification des procédures de création et d’exploitation des entreprises, la réhabilitation des activités productives et l’amélioration du cadre d’investissement doivent accompagner ces efforts. Pour les investisseurs, la prévisibilité des règles et la continuité des services constituent des conditions déterminantes de l’engagement financier. Transformer les besoins de reconstruction en projets finançables La deuxième journée, ouverte par une intervention principale de Mazen Soueid, président de la Commission de contrôle des banques du Liban, a prolongé la réflexion sur l’investissement et les partenariats économiques. Les sessions ont examiné les possibilités offertes par l’industrie, l’énergie, l’agriculture et le tourisme, ainsi que par les infrastructures et la logistique. Elles ont également abordé la contribution des fonds et des institutions financières arabes et régionales et le recours aux partenariats public-privé. Une session présidée par AdnanNaji, directeur général de la Jordan Loan Guarantee Corporation, a réuni Mahmoud Basha, de la Banque centrale de Syrie, Muhannad Al- Manaseer, du groupe Watad, et Issa Al-Shami, d’Alpha Capital. Le programme a ensuite consacré un échange spécifique au rôle du secteur privé arabe dans le soutien à l’économie syrienne, avec les banques opérant dans le pays. Ce rapprochement entre autorités, entrepreneurs et financeurs répond à un besoin essentiel : traduire l’intérêt pour la Syrie en projets dont la faisabilité et les modalités de financement peuvent être examinées. L’enjeu consiste à préparer des investissements qui répondent à une demande réelle et disposent d’un cadre d’exécution crédible. Une étude de faisabilité, une répartition explicite des risques et des mécanismes de suivi sont indispensables pour mobiliser des capitaux. La participation des entreprises locales compte également : les grands projets dépendent de fournisseurs, de sous- traitants et de compétences présents sur le terrain. Leur contribution permet de relier les investissements aux emplois et aux revenus des populations.
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