UBA Magazine No13 2026 Revue

Magazine de l ’ Union Des Banques Arabes 56 Articles Conclusion Principaux enseignements Trois enseignements se dégagent de l’analyse. En premier lieu, l’IA générative accélère des typologies de fraude connues plus qu’elle n’en crée de nouvelles. En deuxième lieu, les vulnérabilités se répartissent en trois points du cycle de vie du client, dont seul le premier est aujourd’hui correctement défendu. En troisième lieu, les superviseurs de la région convergent vers une supervision humaine graduée selon le risque, malgré des niveaux de maturité très inégaux. Recommandations Cinq recommandations en découlent, à l’intention des établissements comme des autorités de supervision: 1. Concentrer l’IA sur la reconnaissance de formes à grande échelle et à la surveillance continue de la relation d’affaires, là où elle apporte un avantage net sur l’examen manuel. 2. Maintenir un décideur humain pour les cas ambigus ou complexes, et refuser que l’automatisation s’étende aux arbitrages pour lesquels elle n’est pas conçue. 3. Documenter systématiquement le raisonnement des modèles, afin que chaque maillon du circuit de décision puisse l’inspecter et le défendre devant le superviseur. 4. Mutualiser les typologies de fraude au niveau régional, au sein d’enceintes telles que le GAFIMOAN ou l’Union des Banques Arabes. 5. Doter les modèles d’IA d’une gouvernance spécifique, fondée sur la responsabilité du conseil d’administration, les tests de résistance et la diligence envers les fournisseurs. Ces recommandations convergent vers une même idée. L’efficacité d’un dispositif de lutte contre la fraude dépend moins de la puissance des modèles que de la clarté avec laquelle les responsabilités sont réparties. Les proximités linguistiques et institutionnelles du monde arabe constituent à cet égard un atout, car elles permettent de comparer les méthodes avant qu’elles ne se figent dans des cadres nationaux cloisonnés. À propos d’Idenfo: Idenfo accompagne les banques, les institutions financières et les entreprises réglementées au Moyen-Orient dans la lutte contre la criminalité financière. Sa plateforme de conformité couvre notamment la vérification d’identité, la connaissanceduclient(KYC),lefiltragedes sanctions et des personnes politiquement exposées, la surveillance continue et la gestion des alertes. L’entreprise propose également des services de conseil en lutte contre le blanchiment de capitaux Limites de l’analyse Cette contribution présente plusieurs limites. Elle adopte le point de vue d’un praticien, dont l’entreprise commercialise certains des dispositifs décrits, ce qui appelle une lecture critique de la section 5. Les données chiffrées sur la fraude à l’identité sont mondiales et ne permettent pas de mesurer la situation propre aux pays arabes. Le rôle de l’IA dans la circulation des fonds relève encore de l’hypothèse. Enfin, les cadres réglementaires décrits évoluent rapidement et reflètent l’état des textes en septembre 2026. Une étude empirique comparant les taux de détection et de faux positifs selon le degré d’automatisation permettrait de prolonger ce travail. Traduction et adaptation française: M.Jad Chamas, Économiste senior et doctorant en économie

RkJQdWJsaXNoZXIy MTMxNjY0Ng==