UBA Magazine No13 2026 Revue

55 Magazine de l ’ Union Des Banques Arabes Articles Le deuxième principe consiste à adapter le degré de supervision à chaque phase du dossier. La collecte et le rapprochement des informations peuvent être confiés à des traitements autonomes, suivis en temps réel par le responsable de la conformité (human-on-the-loop). La décision relève en revanche d’un circuit humain à trois intervenants distincts : un préparateur, un contrôleur et un approbateur. La recommandation du système n’y est recevable que si chacune de ses étapes est motivée et vérifiable. Le troisième principe consiste à privilégier la vérification chaque fois qu’elle est possible. La lecture de la puce des passeports, complétée par l’interrogation de bases externes, substitue une preuve cryptographique à une appréciation visuelle. De telles connexions sont plus faciles à établir dans les espaces où les cadres réglementaires sont harmonisés. Elles opposent aux fraudeurs un obstacle que les outils génératifs ne suffisent pas à franchir. Gouvernance et gestion du risque de modèle Le recours à un fournisseur ne transfère pas la responsabilité de l’établissement. La note de la CBUAE (2026a) attend des établissements qu’ils se dotent de cadres de gouvernance de l’IA documentés et proportionnés à leur taille, à leur nature et à leur complexité. Elle préconise une gestion des risques associant la conformité, l’audit et les fonctions informatiques. Elle place en outre la responsabilité des systèmes d’IA et de leurs résultats au niveau de la direction générale et du conseil d’administration. Le même texte recommande de soumettre les systèmes à des tests de résistance afin d’identifier les biais et les effets non désirés. Il appelle aussi une diligence appropriée à l’égard des solutions fournies par des tiers. À l’égard de la clientèle, les établissements sont invités à fournir des informations claires, en arabe et en anglais, sur la logique des systèmes, et à prévoir des voies de clarification, de contestation et de recours. Il en résulte une conséquence pratique. La documentation du raisonnement d’un modèle devient une pièce du dossier de conformité, au même titre que les justificatifs d’identité. Un circuit préparateur-contrôleur-approbateur n’a de valeur que si chacun de ses maillons peut effectivement inspecter ce raisonnement.

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