UBA Magazine No13 2026 Revue
Magazine de l ’ Union Des Banques Arabes 54 Articles liste comprend aussi le Liban, inscrit depuis octobre 2024, ainsi que le Koweït, la Syrie et le Yémen. L’Irak et le Liban se sont tous deux engagés sur des plans d’action destinés à corriger leurs déficiences stratégiques. Les priorités fixées à l’Irak portent notamment sur la détection des services informels de transfert de fonds, l’application des sanctions financières ciblées et la qualité des déclarations de soupçon. Parallèlement, la Banque centrale d’Irak conduit une réforme du secteur (Prasad, 2026). Celle-ci comprend le relèvement du capital minimum des banques à 400 milliards de dinars et la restructuration des grandes banques publiques. Elle vise aussi l’alignement des dispositifs de LBC/FT sur les normes du GAFI. On peut s’attendre à ce que ces pays intègrent à terme l’IA dans leurs référentiels prudentiels. Cette évolution demeure toutefois une hypothèse, que les textes disponibles ne permettent pas encore de confirmer. Le niveau régional : un espace de mutualisation Le GAFIMOAN, organisme régional de type GAFI pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, fournit une infrastructure commune. Son rapport de 2025 sur les personnes morales recoupe étroitement les schémas décrits à la section 2.3. L’hétérogénéité des situations nationales n’a rien d’accessoire : elle détermine l’échelle à laquelle le problème doit être traité. Les réseaux criminels franchissent les frontières plus vite qu’un régulateur national ne peut les suivre. Il existe donc de solides arguments pour traiter la conformité assistée par l’IA comme une priorité régionale partagée, plutôt que comme une juxtaposition d’efforts nationaux. Des enceintes telles que le GAFIMOAN ou l’Union des Banques Arabes se prêtent à ce partage de renseignements entre établissements. Aucune approche nationale isolée, même bien conçue, ne peut en reproduire les effets. Implications opérationnelles : principes de conception et gouvernance Les principes exposés plus haut n’ont de portée que s’ils se traduisent dans l’organisation des contrôles. Idenfo, éditeur de solutions de vérification d’identité, de filtrage et d’évaluation des risques auquel l’auteure est affiliée, en offre une illustration à travers trois outils, décrits ici d’après la documentation de l’éditeur et sans évaluation indépendante de leurs performances. Son moteur Intelligent Search fait remonter les correspondances avec les bases de PPE et de presse défavorable en motivant chacune d’elles, tandis que son agent de vigilance renforcée, Vera, assemble les éléments d’un dossier et formule une recommandation soumise à un circuit humain de validation. Sa solution de vérification lit en outre la puce sans contact des passeports et en confronte les données à une base mondiale de référence. Trois principes de conception Le premier principe consiste à séparer la détection de la qualification. Un moteur de filtrage peut confronter des profils aux bases de presse défavorable et de PPE, faire remonter les correspondances potentielles et en exposer les motifs. La qualification finale du profil doit toutefois revenir à l’analyste. Ce partage correspond au modèle human-in- the-loop décrit par la CBUAE.
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