UBA Magazine No13 2026 Revue
Magazine de l ’ Union Des Banques Arabes 46 Entrevue de nouvelles perspectives, nous ne devons pas attendre qu’elle s’impose comme une tendance du marché. Nous devons en comprendre très tôt le potentiel, la tester et avoir le courage de la mettre sur le marché. » Aujourd’hui, l’intelligence artificielle en est une parfaite illustration. Au-delà des discours, nous sommes rapidement passés à la pratique avec MIRA, notre assistante fondée sur l’IA . Conçue pour dépasser le rôle d’un chatbot traditionnel, MIRA évolue vers une assistante numérique personnalisée, capable de comprendre le client, d’interagir naturellement avec lui et de l’aider à effectuer des opérations. Nous préparons déjà la prochaine étape: permettre à MIRA d’accompagner les clients dans leurs achats et de les réaliser pour leur compte. Nous expérimentons ainsi actuellement le commerce agentique («Agentic Commerce») avec Visa International, dans lequel MIRA agira au nom du client, au sein d’un environnement sécurisé et contrôlé. Pour moi, c’est là tout le sens de l’innovation: aller au- delà des réalités actuelles du marché pour se préparer aux attentes des clients et aux évolutions du secteur de demain. Notre démarche a toujours été guidée par un principe simple: l’innovation doit répondre à un besoin réel. Mon objectif a toujours été d’anticiper le changement plutôt que de suivre les tendances, et de faire de l’innovation un moteur pour rendre les services bancaires plus accessibles, plus intelligents et mieux adaptés à la vie quotidienne de chacun. L’intelligence artificielle redéfinit toutes les dimensions de l’activité bancaire. Au-delà de l’automatisation, où se situera, selon vous, son plus fort potentiel de création de valeur stratégique pour les banques au cours des cinq prochaines années, notamment dans les paiements, l’expérience client et l’efficacité opérationnelle? Je suis convaincue que la plus grande valeur de l’IA ne résidera pas dans la seule automatisation, mais dans l’intelligence: la capacité à comprendre, à analyser, à anticiper et à agir. Au cours des cinq prochaines années, chaque banque devra, selon moi, se doter d’une véritable stratégie d’IA, au-delà de quelques applications isolées. L’intelligence artificielle devra s’inscrire dans le fonctionnement de l’ensemble de l’organisation, aussi bien dans ses relations avec les clients que dans ses activités internes. Du côté des clients, les services bancaires deviendront beaucoup plus personnalisés et proactifs. Plutôt que de laisser les clients naviguer entre applications et menus, l’IA comprendra leurs comportements, leurs préférences et leurs besoins, anticipera leurs attentes et les aidera à agir. L’expérience client passera ainsi d’une banque simplement numérique à une banque véritablement intelligente. Dans les paiements, la prochaine évolution majeure sera le commerce agentique. L’IA accompagnera de plus en plus le client tout au long de son parcours: identifier un besoin, rechercher et comparer les options, formuler des recommandations et, avec son autorisation et dans un cadre de sécurité clairement défini, mener à terme l’achat et le paiement. Mais je suis convaincue que son impact au sein même de la banque sera tout aussi déterminant. L’IA peut simplifier et fluidifier les opérations, automatiser les processus répétitifs et permettre aux banques de tirer bien davantage parti des volumes considérables de données dont elles disposent déjà. Le lancement de MIRA constitue un tournant majeur pour le Crédit Libanais. Qu’est-ce qui vous a convaincue que le moment était venu d’introduire une assistante bancaire fondée sur l’intelligence artificielle ? Quel rôle est-elle appelée à jouer pour redéfinir l’expérience client et façonner les interactions bancaires quotidiennes de demain? Lorsque nous avons créé MIRA, mon ambition n’était pas de lancer un chatbot supplémentaire. Je voulais en faire une véritable alliée de confiance, présente au quotidien dans la vie financière du client. Aujourd’hui, le téléphone mobile accompagne le client presque en permanence. Ma vision tient donc en une idée simple: si son téléphone est toujours dans sa poche, pourquoi sa banque n’y serait-elle pas aussi?C’est dans cet esprit que MIRA est accessible sur WhatsApp, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. À tout moment, les clients peuvent la solliciter pour consulter les informations de leur compte et l’historique de leurs transactions, gérer leurs cartes, effectuer des virements, consulter leurs points de fidélité,
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTMxNjY0Ng==