UBA Magazine No13 2026 Revue

15 Etudes et paroles d’experts No.13 September 2026 à l’IA pour mille phrases de texte. La performance est appréciée par le rendement des actifs et par le rendement des fonds propres. Les estimations tiennent compte de la taille de la banque, de la qualité de ses actifs et de la conjoncture de son marché. Elles combinent deux approches. La comparaison entre banques examine si les établissements les plus prolixes sont aussi les plus rentables. Le suivi de chaque banque dans le temps examine si ses meilleures années coïncident avec un discours plus affirmé. Résultats Une diffusion rapide du discours La première observation porte sur la vitesse de l’évolution (figure 1). En 2016, environ 10 % des rapports des banques conventionnelles du Golfe abordaient l’IA de façon substantielle, contre 5 % pour les banques islamiques. En 2025, ces proportions atteignent respectivement 70 % et 50 %. La progression n’est pas linéaire : les deux courbes se rejoignent entre 2020 et 2022, avant que l’écart ne se creuse de nouveau à partir de 2023. Peu de thèmes stratégiques ont connu une diffusion aussi rapide dans l’histoire récente du secteur. mesurée. Brynjolfsson et al. (2021) décrivent ainsi une « courbe en J » : les bénéfices n’apparaissent qu’après une phase d’investissement peu visible dans les comptes. Les travaux empiriques sur ce lien restent rares. Mesurer le discours suppose des outils adaptés au vocabulaire financier (Loughran et McDonald, 2011). Ali et Aysan (2025) ont appliqué cette démarche à 71 banques islamiques de 16 pays. Un ton plus positif sur l’IA y est associé à une meilleure rentabilité des fonds propres, avec un effet maximal après un an. Le présent article examine cette relation sur les seules banques du Golfe. Données et méthode Le corpus comprend 692 rapports annuels publiés entre 2016 et 2025 par des banques conventionnelles et islamiques établies à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Koweït, à Oman, au Qatar et en Arabie saoudite. Chaque passage consacré à l’IA a été extrait puis rapproché des résultats financiers de la banque concernée. Deux indicateurs de discours sont retenus. L’étendue correspond à la part des rapports qui abordent l’IA de manière substantielle. La profondeur mesure, parmi ces seuls rapports, le nombre médian de phrases consacrées Figure 1. Part des rapports annuels des banques du Golfe abordant l’intelligence artificielle, 2016-2025 Source : Analyse d'Ahmet Faruk Aysan et de Hassnian Ali à partir de 692 rapports annuels publiés par des banques de Bahreïn, des Émirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et d'Arabie saoudite (2016-2025).

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