UBA Magazine No13 2026 Revue
51 Magazine de l ’ Union Des Banques Arabes Articles Les attaques par injection, qui introduisent un flux vidéo fabriqué directement dans le processus de vérification, ont augmenté de 40% sur un an. Les faux numériques représentent désormais 35% des fraudes documentaires, contre 29% en moyenne sur la période 2022-2024. Ces données sont de portée mondiale et ne permettent pas d’isoler la situation propre aux pays arabes. L’identité synthétique — l’assemblage de données réelles, souvent volées, et d’éléments fictifs — pose un problème plus insidieux encore. Aucune victime identifiable ne vient en effet la signaler, de sorte que le schéma peut perdurer longtemps sans alerte. La relation d’affaires Une fraude qui franchit l’entrée en relation ne se signale pas d’elle-même. Une identité synthétique ou usurpée sert fréquemment à constituer un historique d’opérations d’apparence normale avant d’être exploitée. Ce schéma met en échec, par construction, toute vérification ponctuelle. C’est aussi à ce stade que se logent les fraudes liées aux commerçants et aux bénéficiaires effectifs. Des personnes morales entrent en relation comme commerçants ou clients professionnels, tandis que des structures de détention en cascade masquent le véritable centre de contrôle. La connaissance des entreprises clientes (KYB) ne peut donc reposer sur un contrôle unique, puisque l’actionnariat peut évoluer après l’ouverture du compte. Le GAFIMOAN (2025) confirme l’ampleur du phénomène à l’échelle régionale. Son rapport identifie la dissimulation des bénéficiaires effectifs comme la principale vulnérabilité des personnes morales, les sociétés écrans étant le véhicule le plus souvent détourné. Plus de la moitié des cas étudiés combinent plusieurs procédés d’opacification, tels que les prête-noms, les actions au porteur ou les montages impliquant plusieurs juridictions. Six des dix pays de la région évalués doivent encore améliorer substantiellement leurs dispositifs dans ce domaine La circulation des fonds Une fois les fonds introduits dans le système, l’objectif devient leur blanchiment ou le contournement du filtrage, souvent entre juridictions de maturité réglementaire inégale. Ce trait ancien de la criminalité financière pourrait être amplifié par l’IA, qui aide les réseaux à structurer leurs opérations et à repérer plus vite les failles du filtrage. Cette hypothèse est plausible au regard des capacités décrites plus haut. Elle reste toutefois peu documentée empiriquement dans la région.
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