UBA Magazine No13 2026 Revue
40 Dossier Spécial No.13 September 2026 correspondantes adaptaient leurs conditions d'intervention face à une montée rapide du risque géopolitique. Le choc énergétique s'est ainsi progressivement transformé en choc financier, préparant le rôle central que jouera ensuite l'assurance maritime dans la restriction des échanges internationaux. L'assurance maritime, nouveau front de la guerre économique La restriction des flux maritimes n'a pas résulté uniquement de la fermeture physique du détroit d'Ormuz. Elle s'est également jouée sur un terrain moins visible mais tout aussi déterminant: celui de l'assurance maritime de guerre. Avant la crise, les primes appliquées aux navires transitant par le détroit représentaient entre 0,15% et 0,25% de la valeur assurée de la coque (Insurance Business, 2026). Dans les jours ayant suivi les frappes du 28 février, le Joint War Committee de la Lloyd's Market Association a étendu, par la désignation JWLA-033, la zone considérée comme présentant un risque de guerre à l'ensemble du golfe Persique (Lloyd's Market Association, 2026). Cette décision a entraîné l'expiration des couvertures existantes à compter du 5 mars, obligeant les armateurs à renégocier leurs contrats dans un contexte de forte incertitude. Cette reclassification a provoqué une envolée spectaculaire des primes, portées à environ 1% de la valeur de la coque pour une couverture renouvelable tous les sept jours. Selon le courtier Marsh, elles ont même atteint ponctuellement 10% lors des périodes de tension maximale (Insurance Business, 2026 ; Caixin Global, 2026). Pour un très grand pétrolier évalué à 100 millions de dollars, le coût additionnel pouvait ainsi atteindre 10 millions de dollars pour un seul transit. Face au retrait progressif des assureurs privés, les autorités américaines ont mis en place un dispositif exceptionnel de réassurance publique. L'U.S. International Development Finance Corporation (DFC), en partenariat avec Chubb, a lancé au début du mois de mars un mécanisme de réassurance maritime porté à 40 milliards de dollars dès le mois d'avril, avec la participation de plusieurs grands assureurs américains (DFC, 2026). L'économie maritime repose sur une articulation étroite entre coûts de transport, assurance et financement des échanges. Comme le montre Stopford (2009), les coûts assurantiels constituent une composante du coût généralisé du transport maritime et influencent les décisions d'affrètement ainsi que la rentabilité des opérations commerciales. Dans le cas d'Ormuz, les conséquences de la hausse des primes ont largement dépassé le secteur de l'assurance. Les banques spécialisées dans le financement du commerce international ont dû intégrer ces nouveaux coûts dans l'évaluation du risque des opérations financées. Les crédits documentaires, les garanties bancaires et les confirmations de lettres de crédit sont devenus plus coûteux à mesure que les assureurs réduisaient leurs capacités de
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