UBA Magazine No13 2026 Revue
37 Dossier Spécial No.13 September 2026 La fermeture du détroit d'Ormuz, consécutive aux frappes américano-israéliennes du 28 février 2026 contre l'Iran, constitue le choc énergétique le plus important depuis la première crise pétrolière de 1973. Cet article montre que cette crise dépasse largement le cadre d'une perturbation des approvisionnements pétroliers. Elle révèle l'émergence de l'assurance maritime comme un nouveau levier de guerre économique, capable d'affecter simultanément les chaînes logistiques, les marchés de l'énergie et le financement du commerce international. À partir de rapports d'organisations internationales, d'études de centres de recherche spécialisés et de publications économiques reconnues, l'analyse évalue l'ampleur macroéconomique du choc, examine le rôle des primes d'assurance de guerre dans la contraction des flux maritimes, puis analyse les stratégies de contournement mises en œuvre par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ainsi que les conséquences du retrait de ces derniers de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. L'étude montre que les marchés de l'assurance son=t désormais des acteurs majeurs de la transmission des risques géopolitiques vers la finance du commerce international. Elle conclut que la résilience du commerce mondial dépend aujourd'hui autant des infrastructures financières et assurantielles que des infrastructures physiques. L e détroit d'Ormuz en 2026: quand l'assurance maritime redessine la guerre économique M. Jad Chamas Économiste senior et doctorant en économie Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël lancent une opération militaire conjointe contre l'Iran à la suite de l'échec des négociations nucléaires de Genève. Cette intervention entraîne la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei (France 24, 2026). En représailles, l'Iran ferme le détroit d'Ormuz le 4 mars, interrompant un corridor maritime par lequel transite habituellement près d'un tiers du commerce mondial de pétrole (Institut de relations internationales et stratégiques [IRIS], 2026a). Bien au-delà d'un simple choc énergétique, cette décision illustre le rôle stratégique que peuvent jouer les points d'étranglement géographiques dans les rapports de puissance contemporains. Comme le souligne Kaplan (2012), la géographie continue de structurer durablement les rivalités internationales en conditionnant le contrôle des flux commerciaux, énergétiques et financiers. Dans le cas d'Ormuz, cette réalité se traduit par une reconfiguration rapide des marchés de l'assurance maritime, du transport international et du financement des échanges.
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