Revue Issue n12 for 2026
Magazine de l ’ Union Des Banques Arabes 30 Dossier Spécial Une feuille de route pour les banques arabes Face à ces risques, l’Union des Banques Arabes recommande une approche structurée de couverture et de résilience. La première priorité concerne la gestion de la liquidité: les banques doivent diversifier leurs sources de financement, renforcer les mécanismes de protection des dépôts et maintenir des réserves de liquidité plus élevées afin de faire face à d’éventuelles sorties de fonds. La deuxième priorité porte sur la robustesse du capital. Les banques arabes doivent intensifier les tests de résistance sur leurs portefeuilles de crédit, en intégrant des scénarios de hausse prolongée des prix de l’énergie, de ralentissement économique et de fermeture partielle ou totale du détroit d’Ormuz. La troisième priorité consiste à réduire les concentrations sectorielles et géographiques. La diversification des actifs et des revenus devient un impératif stratégique, notamment vers des marchés moins volatils ou des secteurs moins directement Pays Solidité estimée Principaux risques bancaires Commentaire Émirats arabes unis Capital et liquidité élevés. Sorties de dépôts, coûts de financement, confiance des déposants. Dispositif de soutien de la banque centrale pour renforcer la résilience. Arabie saoudite Ratios de capital solides. Qualité des actifs liée à la volatilité pétrolière. Les revenus pétroliers peuvent amortir une partie du choc. Qatar Position robuste mais exposée au GNL. Risque de refinancement et volatilité des marchés. Dépendance aux flux énergétiques mondiaux. Égypte Résilience relative grâce à la diversification. Inflation, sorties de capitaux et pression sur la dette. Exposition indirecte aux tensions régionales. Liban Système déjà fragilisé. Liquidité, confiance et stabilité financière. Le conflit aggrave une crise bancaire préexistante. Koweït, Oman et Bahreïn Fondamentaux variables mais généralement prudents. Dépendance aux revenus énergétiques et pression sur la liquidité. Nécessité d’une coordination prudentielle renforcée. exposés aux fluctuations énergétiques. La quatrième priorité est la résilience numérique. Les conflits géopolitiques modernes s’accompagnent souvent d’une intensification des cybermenaces. Les banques doivent donc investir dans les infrastructures de cybersécurité, la surveillance en temps réel, la continuité d’activité et la coopération transfrontalière en matière de réponse aux incidents. La cinquième priorité réside dans la coordination réglementaire. Les banques centrales arabes, en particulier dans les pays du Golfe, peuvent jouer un rôle déterminant en harmonisant les mesures de soutien à la liquidité, les exigences de capital et les mécanismes de stabilisation systémique. Enfin, la confiance des déposants doit être placée au cœur de la stratégie bancaire. Une communication transparente, des rapports réguliers sur la solidité financière et une relation proactive avec les clients peuvent limiter les comportements de retrait guidés par la panique.
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