Revue Issue n11 2026

Magazine de l ’ Union Des Banques Arabes 52 Articles l’eau, aggravés par le changement climatique, représentent un défi majeur pour de nombreux pays du monde arabe. Au cours des premiers mois de l’année, la Tunisie a enregistré les pluies les plus abondantes depuis sept décennies. Bien que les inondations y soient moins récurrentes que les sécheresses, elles concentrent à elles seules près de 60 % des pertes économiques totales du pays 1 .. Plus largement, le coût potentiel des catastrophes naturelles majeures est évalué à près de 1,9 % du PIB tunisien 2 . À l’inverse, au Maroc, les célébrations de l’Aïd ont été revues à la baisse l’an dernier, dans un contexte marqué avant tout par la pénurie d’eau 3 . Plus largement, le Fonds monétaire international estime que, si les tendances actuelles se confirment, le changement climatique pourrait amputer le produit intérieur brut du Maroc de jusqu’à 6,5 % à l’horizon 2050, en raison notamment de la raréfaction de l’eau douce et de l’intensification des épisodes de sécheresse 4 . Il ne s’agit pas uniquement d’un enjeu climatique. La protection de la nature et de la biodiversité constitue l’une des réponses les plus fondamentales aux dérèglements climatiques ; pourtant, elle se trouve elle-même gravement fragilisée. Or, l’importance économique du capital naturel n’est plus à démontrer: plus de la moitié du produit intérieur brut mondial repose, directement ou indirectement, sur la nature 5 . Parallèlement, les inégalités sociales et de genre, combinées à la faiblesse des perspectives économiques, nourrissent la polarisation des sociétés et se traduisent par des coûts économiques substantiels. Les recherches du Groupe de la Banque mondiale révèlent, à cet égard, l’ampleur du déficit de financement que subissent les femmes entrepreneures. À l’échelle mondiale, les micro, petites et moyennes entreprises détenues et/ou gérées par des femmes représentent 34 % du total des MPME, mais se heurtent à un déficit de financement colossal de 1 900 milliards de dollars 6 . Rapporté à l’échelle régionale, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord concentreraient 11 % de ce manque de financement mondial 7 , soit près de 210 milliards de dollars. En apparence distincts, ces grands défis systémiques relèvent en réalité d’une même dynamique: tous fragilisent durablement la stabilité de nos économies, alors même que les coûts liés à leur traitement ne cessent de croître. Le changement climatique en offre une illustration particulièrement éloquente. Il est 1. https://www.financialafrik.com/en/2026/02/03/droughts-and-floods-the-climate-bill-could-cost-tunisia-up- to-1-9-of-gdp/ 2. https://www.financialafrik.com/en/2026/02/03/droughts-and-floods-the-climate-bill-could-cost-tunisia-up- to-1-9-of-gdp/ 3. Morocco Cancels Eid Al Adha Due to Drought 4. The long-run anthropogenic incidence on climate change, air pollution, water scarcity, and contribution to global warming in Morocco - ScienceDirect 5. Pg 13 of the WEF_New_Nature_Economy_Report_2020.pdf 6. IFC Report_MAIN Final 3 25.pdf pg 12, para 2 7. IFC Report_MAIN Final 3 25.pdf pg 58, para 1

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